Les États membres de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) s'efforcent de réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar américain dans les échanges commerciaux régionaux, grâce à un système intégré de paiement et de règlement conçu pour rendre les transactions transfrontalières plus rapides, moins coûteuses et plus simples.
Cette initiative vise à permettre aux particuliers et aux entreprises d'effectuer des transferts d'argent entre les États partenaires en utilisant leurs monnaies locales, via des comptes bancaires, des portefeuilles de monnaie mobile ou d'autres canaux de paiement numériques autorisés.
La première vice-Première ministre, également ministre chargée des Affaires de la Communauté d'Afrique de l'Est, Rebecca Kadaga, a fait état des progrès réalisés lors d'une séance plénière du Parlement, le mardi 3 novembre 2026.
En présentant un rapport sur la mise en œuvre du Système de paiement de l'Afrique de l'Est (EAPS), Mme Kadaga a souligné que cette initiative régionale permettrait de réduire les coûts de transaction, de renforcer les échanges commerciaux entre les États membres et de jeter les bases de la future Union monétaire est-africaine, ainsi que de l'éventuelle monnaie unique.
« Un système de paiement et de règlement pleinement intégré réduira les coûts liés aux activités économiques, intensifiera les échanges au sein de la CAE et constituera un socle essentiel pour le projet d'Union monétaire est-africaine et l'éventuelle monnaie unique », a-t-elle déclaré.
Mme Kadaga a expliqué que l'EAPS, tel qu'il existe actuellement, relie les systèmes nationaux de règlement brut en temps réel de l'Ouganda, du Kenya, de la Tanzanie et du Rwanda.
Cette plateforme permet aux banques commerciales de ces quatre pays d'effectuer des transferts de fonds transfrontaliers et de régler des transactions en monnaies régionales, notamment le shilling ougandais, le shilling kényan, le shilling tanzanien et le franc rwandais.
Toutefois, le Burundi, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo et la Somalie ne sont pas encore totalement intégrés au système, ce qui limite sa portée au sein du bloc régional.
Pour combler ces lacunes, Mme Kadaga a indiqué que la CAE a adopté, en 2025, un plan directeur pour les systèmes de paiement transfrontaliers. Ce cadre prévoit l'extension et la modernisation de l'EAPS, l'harmonisation des licences et de la réglementation applicables aux prestataires de services de paiement, ainsi qu'une utilisation accrue des monnaies des États partenaires dans les transactions régionales.

