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États-Unis: Un Rwandais condamné pour avoir menti sur son rôle dans le génocide

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Denis Nsengiyumva
By Denis Nsengiyumva
•Jeudi 29 octobre 2026 à 10:46
3 min de lecture
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États-Unis: Un Rwandais condamné pour avoir menti sur son rôle dans le génocide

Un homme de l'Ohio, né au Rwanda, a été reconnu coupable aux États-Unis de parjure lors d'un procès pénal en 2019. Il s'inscrivait dans un complot mis en place pendant des décennies pour dissimuler son implication dans le génocide rwandais de 1994.

Un jury fédéral de Boston a déclaré Eric Nshimiye coupable, mardi, de parjure et d'entrave à la justice. Ses déclarations faisaient suite à un témoignage qu'il avait fourni lors du procès pour fraude à l'immigration d'un ancien camarade de classe, lui aussi accusé d'avoir participé aux atrocités.

Eric Nshimiye, âgé de 54 ans, devrait être condamné le 26 janvier, selon un porte-parole de la procureure fédérale Leah Foley, dont le bureau a instruit l'affaire.

« Nous sommes évidemment très déçus par le verdict, mais nous continuerons d'explorer toutes les voies de recours possibles pour Eric », a déclaré Kurt Kerns, son avocat, dans un communiqué.

Nshimiye vit aux États-Unis depuis 1995, date à laquelle il a obtenu le statut de réfugié. Il est devenu citoyen américain en 2003. Au moment de son arrestation en 2024, il travaillait comme ingénieur pour Goodyear Tire & Rubber Co (GT.O) et résidait à Uniontown, dans l'Ohio.

Les procureurs ont déclaré que Nshimiye avait falsifié et dissimulé des informations le concernant afin de cacher sa participation au massacre perpétré contre les Tutsis et Hutus modérés au cours de trois mois de massacres dans son pays natal.

S'appuyant sur des témoins, l'accusation a soutenu que lorsque les violences ont éclaté, Nshimiye se trouvait à Butare, où il poursuivait des études de médecine avec son camarade Jean Leonard Teganya.

L'accusation a affirmé que les deux hommes appartenaient au parti politique ayant contribué au génocide et que, durant les violences, Nshimiye avait agressé des Tutsis et les avait livrés à la violence, les exposant ainsi au viol et à la mort.

Pourtant, appelé à témoigner pour la défense lors du procès de Teganya en 2019, Nshimiye a nié toute participation au génocide et toute appartenance au Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), le parti au pouvoir dominé par les Hutus.

Teganya a été reconnu coupable de parjure et de fraude au visa et condamné, plus tard en 2019, à plus de huit ans de prison.

Dans sa déclaration liminaire du 13 octobre, l'avocat de Nshimiye, Kerns, a affirmé aux jurés que les accusations portées contre son client étaient fondées sur des allégations fabriquées de toutes pièces et que ce dernier n'était même pas à Butare au moment où les violences ont éclaté.

Kerns a soutenu que le parquet n'avait inculpé Nshimiye qu'après que celui-ci se soit porté volontaire pour aider un ami en témoignant en sa faveur dans l'affaire Teganya.

Denis Nsengiyumva

Article rédigé par : Denis Nsengiyumva

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